texte de Michel Baudat "Arles , ville
Sainte" Actes Sud
Située au coeur du
quartier de la Roquette, elle date de l'installation des Grands
Augustins sur
Arles vers 1258.
L'église et le cloître datent
de cette période, et connurent de nombreuses reconstructions,
réfections et agrandissements de 1388 à 1628.
L'église fut vendue sous
la Révolution comme bien national, puis rachetée par la ville
en 1839, qui l'établit comme paroisse.
C'est de cette époque que date la transformation du
choeur.
L'architecture intérieure présente un style gothique méridional.
La façade ne présente pas de décoration particulière, mais
montre encore l'arrachement lié à la perte des deux premières
travées, due à un incendie au début du 17e siècle.
A côté de
l'église, on peut remarquer les vestiges d'un cloître.
Cette église a récupéré
des éléments du mobilier de deux autres églises
de la Roquette, Saint-Laurent et Sainte-Croix, qui étaient
les paroisses des mariniers, d'où les thèmes
de certains tableaux (Saint Pierre, Vierge des mariniers, Saint
Nicolas).
Une vue du port d'Arles
sur un tableau
De plus, au fond du choeur,
se trouve l'ancien tableau du maître-autel de Saint Laurent
représentant le martyre de ce saint par Trophime Bigot (1638).
En outre, cette église conserve de nombreux tableaux du 19e
siècle.
Trois sont attribués à J.B.M. Fouque (Purgatoire,
Saint Césaire
au chevet du Préfet de Ravenne, et Notre Dame de Bon
Voyage. Ce dernier tableau représente, dans son registre
inférieur,
une vue du port d'Arles depuis Trinquetaille.
Le seul orgue
d'Arles
En
1866, un orgue de tribune de François Mader fut placé au
fond de la nef. Le buffet est de style néogothique avec
trois tourelles et pinacles. Le positif est factice. Cet orgue
remplace un instrument plus ancien. L'orgue Mader de Saint
Césaire, datant de 1866 est toujours en place. Il a
subi quelques transformations au début du 20è siècle
et en 1930. il a été restauré et le pédalier
agrandi en 1991. C'est le seul orgue utilisable que possède
Arles.
Dans
l'église se trouve le tombeau
dans lequel fut déposé le coeur d'Honoré Quiqueran
de Beaujeu, grand prieur
de Malte, mort en 1638, son corps ayant été inhumé dans
la Chapelle Saint Jean de Malte. On peut voir également
la tombe de soeur Isabellet, une carmélite, "la
petite sainte de la Roquette", morte en odeur de sainteté le
22 juin 1826.
Les reliques de Saint Césaire, tunique, pallium et chaussures,
auparavant conservées à Nore Dame de la Major, y furent déposées
dans les années 1980, et sont actuellement conservées au musée
depuis leur restauration.
Comme
pour Saint Julien, le 19è
siècle vit la mise en place de vitraux dont quatre demeurent,
deux étant signés Guilbert d'Annelle (1875, Avignon).
Chaque
année a lieu dans cette église la messe des
bergers.