Les
orgues ont vu le jour en 1866, d'après une convention établie
le 16 mai 1865, entre Monsieur François Mader, facteur d'orgues
marseillais, et Monsieur le Curé de la paroisse Saint Césaire,
Joseph Jehan.
Le procès verbal de réception de cet instrument date du 2 octobre
1866.
Un orgue authentique
Cet
orgue est un des rares instruments de François Mader à n'avoir
subi aucune modification importante.
Seuls les jeux d'Euphone et de Voix Humaine ont été respectivement
remplacés par une Quinte
et un Kérolophone.
L'état de dégradation dans lequel se trouvait l'orgue a surtout été consécutif
à un manque d'entretien.
La mécanique était usée, et l'état des rasettes rendait l'accord des jeux d'anches
particulièrement éprouvant. Les sommiers, surtout celui du clavier du Grand Orgue,
donnaient de nombreux emprunts (note indésirable), et des soufflures.
Le seul orgue
d'Arles
Néanmoins,
cet orgue est de loin le plus intéressant de la ville d'Arles,
tant au point de vue de son histoire, qu'à celui de ses dimensions
ou de ses sonorités.
Il possède des qualités esthétiques et musicales indiscutables
et est surtout très représentatif de son époque.
Le buffet est en bois du nord, en harmonie avec l'architecture
de l'église. La tuyauterie est de très bonne facture. Les claviers
sont en tilleul, plqués d'ivoire pour les touches blanches,
et débène pour les touches noires.
Pour la sauvegarde de ce patrimoine, une restauration s'imposait.
C'est le but que c'est donné l'Association des Amis des Orgues
de Saint Césaire, créée à cet effet en décembre 1983.
Il allait de soi que cette restauration devait respecter en totalité
l'idée et l'esthétique de François Mader.
Elle devait viser à la remise en état des éléments abîmés, ou,
pour ceux jugés irrécupérables, à leur remplacement, identiques
au modèle d'origine.
Elle devait également voir la restitution des jeux disparus (Euphone
et Voix Humaine).
La restauration de l'orgue
Cette
tâche de restauration a été confiée en août 1990 à la Manufacture
Provençale d'Orgues de Carcès dans le Var, gérée
par M. Yves Cabourdin.
Dans un premier temps, l'orgue a été entièrement démonté
et transporté en atelier. Le buffet, lui, est resté sur place.
Pendant ce temps, la municipalité s'est chargée de la restauration
de la première travée de l'église.
Les sommiers, fendus, ont été entièrement refaits à neuf.
Les tuyaux ont été décabossés, ressoudés, nettoyés.
Les rasettes des jeux d'anches sont neuves.
Conformémént au devis de François Mader, le Kérolophone
du clavier de Récit a été remplacé par une Voix Humaine
de Mader de 1873, provenant de l'orgue de Barjols.
L'Euphone a été acheté d'occasion, restauré et installé
par les soins de l'Association des Amis des orgues de St
Césaire.
Le réservoire d'air a été refait, réempeaucé et rendu étanche.
Le tremblant d'origine a été restitué. Le moteur très bruyant
a été changé.
La pédalier de 18 marches interdisait l'interprétation
de la musique romantique et symphonique. Il a donc été
étendu à 30 notes. Les tuyaux de complément ont été faits
selon le modèle d'origine.
La tirasse du Grand Orgue a été étendue à 30 notes, et
la console a été dotée d'une tirasse supplémentaire, pour
le clavier du récit.
Les écrous de cuir, usés, ont été entièrement changés.
Tous les bois ont été traités contre les parasites.
Après son remontage, l'orgue a été réharmonisé dans l'esthétique
de François
Mader, et réaccordé au diapason d'origine.
Le buffet a été nettoyé.
Deux années ont été nécessaires pour mener à bien ces travaux, et l'instrument
a été réceptionné le 17 août 1992.